Il est elle. Elle est elle, et lui, et elle, et elle. Elle est lui. Il aime les filles, elle aime les garçons, elle est un garçon, il est une fille, ils aiment, il s'aiment, ils n'aiment qu'eux. Je lis. Du dégoût, du dégoût, du dégoût, de l'espoir, du dégoût, du dégoût, du dégoût, de l'amour, du dégoût, du dégoût, du dégoût, du sexe.
Quand je regarde dehors, je vois des gens, des vies, des existences impersonnelles, du bruit, de l'agacement, du temps perdu. Perdu, perdu, perdu. Je ne comprends pas pourquoi moi je les regarde d'en haut, pourquoi j'attends moi, pourquoi je fais pas comme eux, pourquoi j'irai pas m'acheter des clopes en bas? Pourquoi hun? Pourquoi je marche dans la rue sans but moi? Pourquoi elle jette son papier par terre elle? Elle a pas compris que c'est pas bien? Si ça se trouve elle regarde jamais la télé, elle. Si ça se trouve elle se sent pas concernée. Si ça se trouve il suffit de ne pas allumer la télé pour ne pas se sentir concerné.
Je l'attends, et je me demande bien ce que j'attends de lui au fond.
Je me demande bien ce que j'attends du reste du monde en agissant comme je le fais. Ce qu'on attend tous, au-delà de l'amour, de l'amitié, du temps, du travail, ce n'est pas la reconnaissance? C'est possible d'agir en échange de rien? Je ne crois plus. Pourtant, qu'est-ce qu'on peut attendre en échange? Qu'est-ce qu'on peut attendre en échange? On cherche tous une conscience, un truc qui marche, un sentiment, et on ère comme ça, en attendant des bouts de sentiments, et quand on ressent on ne bouge plus, on reste comme ça, et on se prend tous ces sentiments en pleine gueule en se demandant pourquoi nous et pas quelqu'un d'autre? Et est-ce que c'est bien? C'est pas ça être égoïste? Etre heureux? Je suis heureuse. J'attends quoi maintenant? Je fais quoi? Je voudrais faire comme avant mais c'est fini avant, maintenant c'est maintenant. Pourquoi on croit qu'on change alors qu'on est juste heureux de vivre? Pourquoi j'écris ça alors qu'au fond je m'en fous? Pourquoi ça m'énerve ce matin? Pourquoi j'ai envie de sauter par la fenêtre pour toucher l'air. Je vais surtout toucher le trottoire. Y'a toujours des conséquences de merde.
J'men fous, de savoir pourquoi on aime et comment on fait pour ne pas aimer. J'vois pas l'intérêt de savoir, je vois pas l'intérêt. Nous sommes tous des incapables, incapables de détester en silence. L'amour et toutes les ruptures conséquentes. C'est à croire qu'il n'y a plus que ça comme objet de satisfaction. D'ailleurs c'est le seul sujet de conversation possible à les lire, les écouter. On se dédouble, on attend, et on est dégoutés parce qu'il ne se passe rien quand on attend. C'est la faute à qui ça? Et ça cherche, et ça devient un but dans la vie, se regarder dans tout ce qui nous reflète, les photos, les miroirs, la télé, les autres. Sans jamais s'apercevoir.